Blog - ArchivesBillets du 025.02.
L’incroyable retard des timbres dentelés en FranceSavez-vous que la France a adopté les timbres dentelés bien plus tard que beaucoup d’autres pays ? Une fois encore, ce sont les Britanniques qui ont ouvert la voie en introduisant cette innovation, après avoir déjà créé le premier timbre-poste en 1840. Ainsi, dès janvier 1854, les timbres dentelés font leur apparition au Royaume-Uni, tandis qu’il faut attendre septembre 1862 pour qu’ils soient enfin adoptés en France. Ce retard de l’administration postale française a eu un effet inattendu : l’émergence de nombreuses perforations privées, comme le piquage Susse ou le piquage de Clamecy, qui constituent aujourd’hui un sujet de collection passionnant. C’est cette thématique que Georges Brunel explore dans le numéro de janvier 1943 du magazine Le Philatéliste. Bonne lecture ! “La séparation des timbres de la feuille au moyen de ciseaux était d'une très grande incommodité et faisait perdre beaucoup de temps. Il y eut à Paris et dans plusieurs villes des essais faits par des particuliers en vue d'obtenir une séparation rapide. Dès 1860, les papetiers Susse frères, place de la Bourse, firent construire une machine pouvant perforer cinquante timbres d'un seul coup. “Mon invention a pour objet, écrivait l'inventeur, un système de découpoir pour piquer ou découper fractionnairement les timbres-poste, coupons, etc., dans le but de faciliter la séparation de ces derniers entre eux sans avoir recours à des ciseaux, canifs ou autres instruments tranchants, tout en les laissant en feuilles entières.” Et le prospectus de la maison énumérait les avantages du système : “Nous venons vous offrir de vous fournir tous les timbres-poste nécessaires à vos bureaux, tout perforés à l'entour, comme les timbres Anglais et Américains, sans augmentation de prix. Par ce procédé aussi simple qu'ingénieux et pour lequel nous avons pris un brevet d'invention et d'application, vous trouverez d'abord une grande économie de temps, puisque sans le secours si ennuyeux des ciseaux, les timbres-poste se détachent d'eux-mêmes à mesure des besoins, et que l'on fait en cinq minutes le travail d'une heure ; un second mérite, c'est que les timbres perforés n'ont pas l’inconvénient de se rouler et se collent beaucoup mieux.” La dentelure était une grosse perforation circulaire, correspondant à peu près au 7 de l'échelle de l’odontomètre. Les frères Susse ne demandaient rien pour la perforation ; il suffisait d'acheter chez eux, à la valeur faciale, les feuilles de timbres. Ils en vendirent beaucoup aux banques et aux grandes maisons de commerce. Ils bénéficiaient seulement de la remise de 2 % que le Gouvernement allouait aux détaillants de timbres ; mais l'administration des Postes, trouvant que cette remise était trop élevée la diminua de moitié : alors les frères Susse abandonnèrent leur entreprise. Ce fut la maison Arthur Maury qui acheta la machine et s'en servit pour perforer des timbres isolés, neufs ou usés, qu'elle vendait 50 centimes, comme « spécimens ». Mais il y a toujours un côté insoupçonné dans les truquages les vignettes séparées par la dentelure Susse étaient irrégulières, car les timbres étaient littéralement arrachés les uns des autres, et cet arrachement est très visible ; tandis que pour les « spécimens » vendus par la maison Maury, les séparations étaient nettes.
De son côté, un employé des postes, M. Ridoux, avait inventé en 1860, un petit appareil très commode. Voici un résumé sommaire de sa façon d'opérer : il détaillait les feuilles par bandes qu'il collait les unes aux autres, de façon à constituer un ruban de timbres, puis il enroulait cette bande sur un axe loge dans une petite boîte, ayant une ouverture très étroite, laissant passer la bande de vignettes. Sur le bord de cette fente, il avait monté une lame très fine de métal ; il lui suffisait donc d'attirer le ruban de la longueur d'un timbre, d'appuyer sur la lame et de tirer, le timbre se détachait alors de la bande. Il avait envoyé en février 1861, une circulaire à ses collègues des Postes pour leur signaler cette invention ; il faut croire qu'il en vendait peu, puisque les exemplaires qu'on a retrouvés, sont excessivement rares. Le Grand Hôtel à Paris, avait pourtant fait l'acquisition de l'appareil. Certaines administrations se servirent, pour détacher les timbres, d'une roulette, comme celle qu'on emploie pour découper les patrons de mode, ce qui constituait des timbres « percés en ligne ». Mais il y eut encore d'autres perforations ; par exemple à Clamecy, on utilisa un outil en dents de scie (dents à pointes allongées) ; il y eut d'autres essais à Alençon, Rouen, dans la Nièvre, à Cosne (perçage de six dents en losanges pour la hauteur) et à Moulin-Engilbert. Et maintenant arrivons au perforage officiel. Cette réforme ne se réalisa point sans difficultés. Archer, un mécanicien anglais, avait fait breveter en France la machine à perforer, en usage en Angleterre depuis 1854, et émettait de grandes prétentions pour céder la licence. Aussi Hulot¹ était-il obstinément oppose à cette innovation, réclamée par le public et par les négociants. Il prenait prétexte, pour refuser, du fait que son contrat était muet à ce sujet. Or, comme ce contrat enjoignait à l'imprimeur d'assurer lui-même tous les frais nécessités pour la fabrication, il devait supporter cet excédent de dépense. Il faut noter qu'il ne niait nullement l'intérêt du perforage : il répondait « payez-moi les frais supplémentaires et je prends la machine ». Au fond, il n'avait pas tout à fait tort. Le 17 octobre 1859, le ministre Magne écrivait au Directeur des Postes que la question du pointillage ne lui paraissant pas suffisamment étudiée, tant au point de vue de son utilité qu'à celui des frais, il devait réserver cette question. Ainsi la routine triomphait et on ne tenait pas compte, étant donné le grand débit des vignettes postales, des nombreuses manipulations auxquelles étaient astreints les débitants de timbres. Mais tout a une fin, il s'agit de persévérer : Hulot finit par s'entendre avec Archer et fit construire une machine qui pouvait donner cent millions de trous par jour ! En septembre 1862, les premiers timbres français dentelés étaient mis en vente. (…) Georges Brunel.”
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Il s’agit d’Anatole Hulot, qui a dirigé l'entreprise de fabrication des premiers timbres-poste de France de 1848 à 1876.
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Testez vos connaissances sur l’Emission de Bordeaux !
L’Émission de Bordeaux fait partie des plus appréciées des collectionneurs français, bien qu’elle demeure encore largement méconnue. Pour en apprendre davantage, il faut se plonger dans des ouvrages de référence, à l’image de la Monographie des timbres-poste de l’émission de Bordeaux d’Henri Lorne, publiée en 1951. Nous vous en dévoilons ici quelques extraits, une occasion idéale de tester vos connaissances sur l’histoire singulière de cette émission… et de découvrir des anecdotes surprenantes. Saviez-vous, par exemple, que la pratique consistant à vendre des timbres à un prix inférieur à leur valeur faciale ne date pas d’aujourd’hui ? Elle avait déjà cours à la fin du XIXe siècle… et c’étaient alors les timbres de l’Émission de Bordeaux qui en faisaient les frais ! Bonne lecture !
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Pourquoi cette émission porte-t-elle le nom de la ville de Bordeaux ?
“Le 8 Septembre 1870, c'est-à-dire peu de jours après la proclamation de la IIIe République, paraissaient les premiers timbres correspondant à ce changement de régime et dénommés, depuis, « Timbres du Siège de Paris ». Mais, l'investissement de la capitale étant devenu effectif dès le 19 de ce même mois, il devint nécessaire, et même très pressant, de confier à une région non occupée et susceptible de ne pas l'être, le soin d'établir des vignettes postales et d'en approvisionner le territoire encore très vaste où ne résonnaient pas les bottes des soldats allemands.
On songea tout d'abord à Tours, mais, devant l'avance de l'ennemi, on opta finalement pour Bordeaux où devait précisément s'installer le gouvernement. La lettre de M. de Roussy, délégué du Ministère des Finances à Tours, adressée en date du 30 Septembre 1870 à M. de Maintenant, Inspecteur général des Finances, et qui est reproduite ci-dessous, est le premier document confirmant cette décision.
« J'ai pensé que la Monnaie de Bordeaux pourrait être chargée de la confection de timbres provisoires et dont l'exécution serait rendue aussi simple que possible par l'adoption du modèle ci-dessous. Quatre types de timbres (1, 4, 10 et 20 cent.) pourraient, à la rigueur, faire face aux exigences présentes, et, pour simplifier, il ne serait pas nécessaire que ces timbres fussent séparés par le pointillé actuel. Je vous prie de vous entendre avec le directeur de la fabrication des Monnaies de Bordeaux et de me faire connaître dans un délai aussi bref que possible, les dispositions qu'il y aurait à prendre, à la Monnaie de Bordeaux, pour être en mesure de confectionner, tous les jours, à partir du milieu de ce mois, environ 4.000 feuilles de 300 timbres chacune. Vous aurez aussi à étudier, de concert avec le directeur de la Monnaie, les moyens à adopter dans la fabrication, pour éviter toute contrefaçon. C'est un point essentiel sur lequel j'appelle toute votre attention. Je recommande cette question d'une manière spéciale à votre expérience et je vous serais très obligé de me rendre compte au plus tôt du résultat de vos démarches. »
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Combien une planche entière de timbres de l’émission de Bordeaux comporte-t-elle de timbres ?
En matière d'impression lithographique, lorsqu'il s'agit de reproduire une quantité importante d'un même dessin, il est obligatoire, tant pour accélérer le tirage que pour éviter une usure trop rapide de la pierre, d'avoir recours à l'opération dite du report. A cet effet, on multiplie le dessin original en en tirant un certain nombre d'épreuves que l'on rassemble par un piquage sur un papier fort et que l'on décalque ensuite sur une pierre.
Pour l'émission de Bordeaux, le nombre d'épreuves ainsi reproduites fut de 15, soit trois rangées de 5, et constitua ainsi la matrice-report que nous dénommerons « Bloc- Report ». Mais, lorsque la quantité de vignettes est considérable, ce qui est le cas dans la circonstance et pour les mêmes motifs de rapidité d'exécution et d'usure trop rapide, il est recommandable d'effectuer une autre opération complémentaire avant de passer au tirage.
Cette opération consista à tirer du bloc-report vingt épreuves qui furent reportées à leur tour sur une grande pierre, constituant ainsi la planche de tirage de 300 vignettes. Cette planche comprenait deux panneaux comportant chacun cinq rangées de deux blocs-report de quinze unités, soit 5 x 30 = 150 unités par panneau. L'intervalle horizontal entre les blocs de 15 est à peu de chose près le même que celui entre les timbres. Par contre, l'intervalle vertical, séparant les deux panneaux, est sensiblement plus large, ceci permettant de les séparer facilement et d'obtenir ainsi des feuilles de 150 vignettes plus commodes à la manipulation.
Cette séparation était faite au préalable dans les bureaux, ce qui expliquerait pourquoi on ne rencontre pas des paires ou des blocs « inter-panneaux » comme cela existe dans d'autres émissions et qui constituent des pièces particulièrement recherchées par les collectionneurs. En existe-t-il néanmoins ? Cela reste, somme toute dans le domaine du possible et nous serions reconnaissants aux heureux possesseurs de nous le signaler.
D'après le procès-verbal établi le 12 août 1871, l'Administration fit procéder à la destruction de la partie essentielle de l’outillage ainsi que des matrices et des planches. La philatélie ne peut que déplorer profondément ce geste dont le motif nous échappe.
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Retouches et variétés célèbres
Une retouche est une modification ou réparation effectuée sur un cliché de la planche d'impression lorsque celle-ci a subi un accident (heurt, cassure) ou lorsque celle-ci est usée. Cette restauration qui n’atteint presque jamais l'état exact de l'original provoque des variétés souvent recherchées.
La retouche la plus connue est celle des 4 larges du 40 cent. orange de 1849 de France. Par erreur on avait placé dans la planche aux cases 146 et 147 de la feuille de droite, deux clichés du 20 cent. Pour ne pas refaire toute la planche, les chiffres ont été bouchés et regravés. La confection d'une planche était à cette époque un travail long et coûteux, il ne faut donc pas s'étonner des soins minutieux pris pour rectifier et entretenir le plus longtemps possible ce précieux matériel. La planche de 1849 ayant servi à nouveau en 1870, on retrouve la même variété sur les 40 cent. du Siège de Paris.
Une autre retouche très recherchée est la retouche du 1 cent. Empire non lauré dans lequel le mot « Franc» a eu ses trois dernières lettres regravées. Dans ce travail l'A a été déplacé, l'N est plus petit et le C beaucoup plus grand, ce qui fait appeler cette variété le grand C. Il est situé à la 568 case de la feuille de gauche mais on ne le rencontre pas souvent. (…)
Parfois les timbres vivent longtemps avant que l'on se décide à corriger les accidents survenus en cours de tirage. C'est le cas du 20 cent. bleu Napoléon lauré dit « à la corne ». Cet accident a été longtemps pris pour une injure volontaire faite au régime, c'est peu probable.
Une variété beaucoup plus intéressante et plus rare est le même 20 cent. bleu dit « à la pipe ». La cassure très importante au moment de la retouche a été réparée. On peut trouver ce timbre dans un grand nombre d'états différents et suivre ainsi sa vie au jour le jour.
L'accident du 1 cent. Napoléon lauré dit « à la cigarette » est du même ordre ; relativement commun sur les timbres de France, il est rare sur le colonial.
Pierre Morel d’Arleux.”
Extraits de l’article publié dans l’ouvrage Poste et timbre-poste, Centenaire du timbre-poste français, 1849-1949.
Ces timbres de France que vous ne trouverez jamais dans les catalogues
“La semaine dernière, nous vous avons présenté un article sur les timbres de Counani, extrait de l’ouvrage de référence de Georges Chapier, Les timbres de fantaisie et non officiels. Cette semaine, nous poursuivons sur cette thématique en vous proposant une sélection de timbres français que vous avez probablement déjà croisés et qui ont dû vous intriguer, car introuvables dans les catalogues. Cet article vous permettra de découvrir l’histoire de ces timbres qui, bien qu’ils ressemblent à des timbres-poste classiques, sont en réalité des vignettes aux origines étonnantes : monarchistes, féministes… ou même créées de toute pièce par un célèbre marchand de timbres. Vous découvrirez également que certains timbres de la Libération, encore répertoriés comme tels dans le catalogue Mayer, ne le sont pas du tout... puisqu’ayant été émis en 1942 ! Bonne lecture !”
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Emission du comte de Chambord.
En 1875, alors que la vie de la 3e République ne tenait encore qu’à un fil, fut émise une série de vignettes à l’effigie du comte de Chambord. qui étaient destinées a être utilisées à titre de propagande et même peut-être, à servir de timbres-poste en cas de succès du prétendant.
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Les timbres de Boulanger.
En 1887, le général Boulanger, devenu ministre de la guerre, tenta de s'emparer du pouvoir à la faveur de la grande popularité qu'il avait su acquérir en flattant l'esprit nationaliste d'une partie de la population. Cette tentative de dictature échoua assez piteusement, et l'agitation se calma aussi vite qu'elle était née, mais elle a laissé des traces dans les albums des amateurs de curiosité sous la forme d'une série de timbres imprimée par un entrepreneur allemand qui devait être utilisée si les projets de Boulanger avaient pu être menés à bonne fin.
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Arthur Maury, dans son Histoire des Timbres-Poste Français avait signalé aussi que des vignettes au type Sage avaient été imprimées avec le buste du général Boulanger à la place de le valeur, celle-ci figurait, en noir, dans la partie supérieure.
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Les « Poneys Poste ».
En 1893, une entreprise privée fut créée au capital de 100.000 francs, en vue de conduire, moyennant une légère redevance, jusqu'aux wagons-poste des services de nuit, les lettres urgentes déposées dans les bureaux de tabac par des expéditeurs pressés.
Les correspondances étaient transportées dans des voitures légères traînées par de petits chevaux.
Cette entreprise fit imprimer, pour faciliter la perception, par les débitants de tabac, de la redevance réclamée à ses clients, des vignettes vendues 10 centimes portant la légende « Poneys Poste Abonnement » et représentant une tête de cheval. Ces vignettes auraient été vues en noir sur blanc, brun sur blanc et noir sur bleu-vert.
Les expéditeurs qui pouvaient grouper dix lettres prenant la même direction ne payaient que 50 centimes ; une vignette spéciale tirée en brun sur blanc, avec une tête de cheval au centre d'une étoile à cinq branches et contenant les lettres « S.C.S.C.D. » fut émise à cet effet. Elle portait l'indication 0,50.
Les vignettes étaient souvent oblitérées en même temps que les timbres à côté desquels elles étaient apposées, à l'aide des cachets d'ambulants.
Vers la même époque fut créée à Lyon une société du même genre qui fit usage de vignettes rectangulaires tirées en noir sur rose, portant la légende « Courrier express Rémond et Cie, Paris et direction, 10, rue Lafont et 11, rue Pizay ». Une autre entreprise, organisée également à Lyon, utilisa des vignettes rectangulaires en noir sur gris-bleu contenant la mention « Courrier de Paris et direction, jusqu'à 6 h 45, 26, place Tolozan. »
Mais l'administration des postes finit par prendre ombrage de l'activité de ces dernières sociétés et y vit une atteinte à son prestige. Aussi, durent-elles cesser bientôt leurs services, dont seules les quelques vignettes conservées par les collectionneurs rappellent le souvenir.
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Vignettes féministes.
En 1901, la société « Le Suffrage des Femmes » présidée par Mme Hubertine Auclert, voulut donner la réplique au timbre-poste du type « Droit de l'Homme » de Mouchon, qui était alors en cours. Elle fit imprimer à cet effet des vignettes dentelées, représentant un homme habillé à l'antique, appuyé sur une sorte de plaque portant la mention « Droits de la Femme ». Cette vignette était tirée en bleu clair, bleu foncé et rouge.
Cinq ans plus tard, la même société mit en circulation des vignettes également dentelées représentant un homme et une femme déposant ensemble leur bulletin de vote dans une urne, avec au fond, un soleil portant la légende « Suffrage Universel », préfiguration symbolique de la réforme qui devait seulement se réaliser trente-neuf ans plus tard. Cette vignette existe en bleu, brun, rouge-brun et violet.
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Vignettes Maury.
Le célèbre marchand de timbres Maury avait eu l'ingénieuse idée de faire imprimer, dans un but de propagande, une vignette reproduisant son portrait avec la légende « Serbmit - Sirap à Yruam ».
Bien des chercheurs pâlirent sur cette mystérieuse inscription, qui, lorsqu'on la lisait à l'envers, signifiait tout simplement « Maury à Paris - Timbres ». On connaît 3 types différents dentelés et non dentelés en couleurs diverses.
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Les Timbres de l'Etat Flamand.
En novembre 1942, des familiers du Maréchal Pétain tentèrent, on le sait, de le décider à partir pour Alger, en lui faisant ressortir que les Allemands avaient rompu la Convention d'Armistice en occupant la zone dite « libre » et en nous forçant à démobiliser le peu d'armée qui nous restait. Certaines personnes lui assurèrent aussi que les Allemands projetaient de détacher le Nord de la France en l'intégrant à un Etat Flamand, dont la création était envisagée.
A l'appui de ce dernier point, et pour essayer de persuader le Chef de l'Etat, ils eurent l'idée machiavélique de surcharger faussement des timbres Français en cours de la mention « Vlaamsche Staat » signifiant « Etat Flamand » et d'un lion héraldique avec une nouvelle valeur en pfennigs.
Ces timbres furent présentés au Maréchal comme ayant été surchargés par les Allemands. Mais le chef de l'Etat ne se laissa pas convaincre et l'affaire en resta là.
Georges Chapier.
Texte publié dans son ouvrage de référence : Les timbres de fantaisie et non officiels, éditions de L’Echangiste universel”




































